Brexit : Le Royaume-Uni va-t-il sortir de l’Union Européenne ?

 

Vendredi 24 Juin 2016 marque la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne, c’est le « Brexit »[1]. En effet, « Brexit » est une abréviation du « British Exit » qui sous entend la sortie du Royaume-Uni de l’Union par le biais du référendum. Selon les résultats définitifs, 51.9% des britanniques étaient pour le Brexit, à la suite de cela David Cameron qui avait initié ce référendum en 2013, a annoncé sa démission.

Mais alors comment on est-on arrivé à cette déchirure entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne ?

Le Royaume-Uni et l’UE ont de tout temps entretenus des relations tumultueuses. En effet depuis 1950, le Royaume-Uni à toujours tenu tête à la construction de l’Union européenne : refus de participation à la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA), à cela s’ajoute le refus du Général De Gaulle d’intégrer le Royaume Uni à la Communauté Economique Européenne (CEE) en 1963 et en 1967.

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Presque 10ans plus-tard, la Première ministre britannique, Margaret Thatcher réclame un rabais sur la participation de son pays au budget communautaire, ce qui lui vaut son très célèbre « i want my money back ». Aujourd’hui les partisans du Brexit (UKIP) ont utilisé un argumentaire identique à celui-ci pour défendre le projet de quitter l’Union Européenne.

En effet, le principal argumentaire de Nigel Farage, leader UKIP, est d’ordre économique : « Le Royaume-Uni envoie chaque semaine plus de 350 millions de livres (soit 430 millions d’euros) chaque semaine à l’UE, nous allons rediriger cette somme vers le système de santé publique (National Health Service).  De plus, ce parti politique est en faveur de la limitation de certaines aides sociales pour les nouveaux migrants issus de l’UE selon une clause de sauvegarde de sept ans et une échelle graduelle, la perfection de la libre circulation des capitaux, une réglementation européenne moins contraignante pour les entreprises, etc.

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Toutefois, au lendemain des résultats, le leader du UKIP est revenu sur ces déclarations concernant la somme que le Royaume-Uni versait à l’UE. Nigel Farage reconnaît qu’il ne peut garantir ce transfert d’argent et in fine ne peut tenir sa promesse.

Certains britanniques ayant voté pour le Brexit, se sont sentis trahis à la suite de cette déclaration. Certains ont d’ailleurs lancé une pétition pour la mise en œuvre d’un second vote, ce qui a réunit plus de 3 millions de signataires, d’autres ont également proposés que Londres devienne indépendante du fait de son fort taux accordé pour le « remain » aux environ de 75%.

 

 

Quoi qu’il en soit, les gouverneurs européens quant à eux ont bel et bien pris en compte le résultat du référendum, et ont sollicités le Royaume-Uni de mettre en œuvre sa sortie « le plus tôt possible » grâce à l’article 50 TUE.

 

L’article 50 du traité sur l’Union européenne prévoit un mécanisme de retrait volontaire et unilatéral d’un pays de l’Union européenne (UE).

Un pays de l’UE qui souhaite se retirer doit informer le Conseil européen de son intention. Le Conseil doit ensuite proposer des orientations vers la conclusion d’un accord sur les modalités du retrait dudit pays.

Cet accord est conclu au nom de l’UE par le Conseil, votant à la majorité qualifiée, après avoir obtenu la validation du Parlement européen.

Les traités de l’UE cessent de s’appliquer au pays concerné dès la date d’entrée en vigueur de l’accord ou dans les deux ans à dater de la notification de retrait. Le Conseil peut décider de prolonger cette période.

Tout pays s’étant retiré de l’UE peut introduire une nouvelle demande d’adhésion. Il doit alors suivre la procédure d’adhésion.

 

En l’espèce la procédure de retrait pourrait durer au minimum deux ans, le temps de négocier de nouveaux accords avec l’Union Européenne, ainsi que les arrangements et les accords commerciaux avec les pays hors de l’UE.


En attendant, Le Royaume-Uni subit le revers de la médaille, les conséquences du Brexit se firent sentirent dès l’annonce des résultats. Par exemple la livre a perdu 12% de sa valeur face au dollar, et 9% de sa valeur face à l’euro. Par ailleurs, l’agence financière Fitch a abaissé ce lundi la note de la dette britannique, qui passe ainsi de AA+ à AA avec une perspective négative (c’est-à-dire qu’elle pourrait être abaissé à nouveau), de même l’agence de notation Standard and Poor’s avait également dégradé de deux crans la note de cette dette passant ainsi de AAA à AA.

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Face à l’apparition de ces conséquences néfastes pour l’économie britannique, certains espèrent faire machine arrière, soit en retardant la procédure de retrait issue de l’article 50 TUE, soit en espérant que le Parlement refuse de prendre en considération l’avis consultatif du référendum et donc de ne pas actionner la procédure. Une chose est sûre, cette événement met au cœur du débat l’avenir de l’Europe.

 

 

[1] Contrairement au Grexit, qui était la sortie de la Grèce de la zone euro comme une sanction, le Brexit évoque le départ volontaire du Royaume-Uni de l’Union Européenne en sollicitant le peuple britannique.

 

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