L’utilisation des infrastructures comme outil révélateur du conflit israélo-palestinien : De la sécurisation de la région à la nécessaire préservation du patrimoine

C’est à la suite de la vague d’attentat de 2002 ayant fait près d’un millier de victimes que le gouvernement d’Israël a décidé de construire un mur continu entre les deux territoires. Tandis que les israéliens qualifient ce mur de « clôture de sécurité », les palestiniens quant à eux le voient comme « un mur d’annexion », la Cour Internationale de Justice dans un avis consultatif de juillet 2004 le qualifie de « mur de séparation » afin de ne pas envenimer la situation entre ces deux gouvernements.

En effet, le conflit israélo-palestinien, est un conflit complexe, dont la réalisation du mur vient cristalliser les relations tendues entre ces deux entités. Dans cette perspective, ses tensions se matérialise à travers la construction d’un mur séparant la Palestine et l’Israël. De plus la nomination attribuée à cette infrastructure est révélatrice des enjeux qui se jouent dans cette région. Dans cette perspective, la construction du mur vient bouleverser la carte du Moyen-Orient par le biais de la destruction de monument historique, symbolisant et retraçant l’histoire de cette région.

Dans les faits, la « barrière de sécurité » est un large couloir de plusieurs mètres doublé d’un système électronique comportant une alarme, des caméras de surveillance placées tous les cinquante mètres localisant et visualisant l’intrus. Tandis que du côté israélien, la construction de ce mur ne fait pas débat dans la société car l’objectif est la légitime défense, à savoir se protéger de l’autre. Pour les Palestiniens, la construction de ce mur est synonyme de confiscation de leurs terres, ils se sentent ainsi expropriés.  L’édification de cette barrière de protection a attisé les tensions, qui ont in fine aboutit sur le conflit du 7 juillet 2014.

Dans quelle mesure, la création du mur à Gaza accentue les tensions entre la Palestine et Israël sous l’effet de la la destruction symbolique de leur histoire respective ?

Les palestiniens, à la suite de la construction du mur, ont décidé de portés plaines auprès de la Cour suprême israélienne, de nombreux dossiers sont en instruction. En attendant, ce mur a enclavé 274.000 palestiniens, et 400.000 séparés de leurs champs, travail, école, hôpital. De plus, comme nous l’avions annoncé précédemment, en juillet 2014, l’aviation israélienne a débuté les bombardements sur la bande de Gaza. La cause de cette action était, selon les autorités israéliennes, le détournement d’une partie du ciment et des matières premières par le Hamas afin de construire des tunnels d’attaque. Ce projet de « Bordure protectrice » qui avait pour objectif premier pour les israéliens de se protéger contre de possibles attaques, a donc causé la mort de 2.251 palestiniens et israéliens, ainsi que la destruction de 12.000 logements. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou a qualifié cette intervention armée de « légitime » et « légale ». Or dans les faits, le rapport de la commission d’enquête du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU propose un point de vu différent sur la situation.  Une chose est sûr concernant les évènements qui se sont déroulés en juillet 2014, il s’agit du bombardement d’ouvrages culturels en Palestine. En effet, au travers des bombardements sur la bande de Gaza, Israël a mis en poussière le patrimoine culturel de Gaza. Par exemple, en Aout 2014, un missile israélien a fait explosé la mosquée Omari de Jabaliya remontant au 7ème siècle, peu après l’apparition de l’islam. Tandis que le premier ministre israélien, invoque l’utilisation de bâtiments civils comme bases de tir ou de refuge par les terroristes, les palestiniens quant à eux voient une attaque symbolique à travers ces actions militaires. C’est dans cette logique que le ministre palestinien du Tourisme et des Antiquités, Rula Ma’ayah appelait l’Unesco à dénoncer la destruction « intentionnelle » du patrimoine par l’armée israélienne, et à l’assimiler à un « crime de guerre ». Dr Hamdan Taha, vice-ministre palestinien chargé des Antiquités, rajoute que ce bombardement sur la mosquée constitue une infraction au droit international au terme de la convention du patrimoine mondiale signé par la Palestine le 8 mars 2012

A travers cette perspective de dépossession de leur histoire, les palestiniens semblent avoir été chassés de leur pays par le biais de l’expression culturelle renfermé dans les vestiges dorénavant détruit par l’armée israélienne. Finalement la volonté des Palestiniens de chercher une reconnaissance internationale culturelle à l’Unesco en septembre 2011 a comme finalité d’être considéré comme un pays sous occupation impliquant in fine l’existence politique d’un Etat. La Palestine a effectué un grand pas dans la réalisation de cet objectif à travers notamment sa reconnaissance d’Etat observateur au sein de l’Assemblée générale de l’ONU. C’est d’ailleurs l’ONU qui félicite et encourage la progression de reconstruction de Gaza. Car en effet, la construction du mur et le conflit de 2014 ont endommagés 150.000 logements, les privant ainsi d’eau et d’électricité. Désormais, selon Bo Schack, directeur des opérations de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), 70.000 familles ont reçu des fonds et ont acquis le ciment pour la réparation de leur domicile. De plus, les écoles qui pendant la guerre été transformées en centre d’accueil pour les refugiés, ont retrouvé leur mission première.

Selon Yasmine al-Khoudari, une palestinienne prêtant main forte à son père pour tenir le petit musée privé sur l’histoire de la Palestine : « Quand vous pensez à Gaza, ce n’est pas à son histoire que vous pensez, à Gaza l’antique ou à l’archéologie, vous pensez urgence alimentaire ou médicale, camps de réfugiés, Hamas ».

Finalement, l’évolution de la reconstruction et les besoins immédiats de la population de Gaza soulève met en lumière la « détente » des relations entre la Palestine et Israël. En effet, malgré les dérives de l’armée israélienne à Gaza, l’objectif est de réhabilités les lieux de vie de la région de Gaza. Toutefois il est fort probable que ce projet se fasse sur le long terme, puisque si l’on prend le cas des coupures d’électricités et de la mauvaise qualité de l’eau, il faut mettre en place des travaux de dessalage des eaux, projet ambitieux mais qui prendra du temps. D’ailleurs, un élément reste à soulever, la nécessité de protéger le patrimoine culturel palestinien.

« Le patrimoine n’est une priorité pour personne », cela explique donc le manque de musée public en Palestine, explique Yasmine al-Khadouri.

Que ce soit l’anéantissement de la Mosquée Al-Mahkmah datant du 15ème siècle ou encore la destruction de vestige de poteries anciennes, de pièces de monnaie, des objets en bronze ou des armes. Les musées palestiniens se trouvent désormais privé d’élément retraçant l’histoire de la Palestine, ce phénomène était accentué par l’interdiction par Israël d’importer des matériaux de restauration amenant l’arrêt du soutien des organisations internationales et des fondations envers les musées et organismes culturels palestiniens. Par conséquent, au travers de la disparition progressive des archives palestiniennes, le peuple se trouve alors démuni de toute anecdote et tout héritage à transmettre à leur descendant. Or, il est évident que l’histoire est un élément important afin de comprendre la situation qui se déroule au Proche-Orient ainsi que les enjeux auxquels les deux peuples sont confrontés.

Sources: 
« A Gaza, le patrimoine historique réduit en poussières », RFI, publié le 16 Aout 2014, consulté le 26 Mars 2016. Disponible sur :
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20140816-gaza-patrimoine-historique-detruit-poussieres-
BALAWI Hassane, « Comprendre l’importance du patrimoine culturel palestinien est une nécessité », L’Humanité, publié le 6 février 2015, consulté le 26 Mars 2016. Disponible sur :  http://www.humanite.fr/comprendre-limportance-du-patrimoine-culturel-palestinien-est-une-necessite-564862
« Le patrimoine culturel de Gaza s’effondre sous les bombes », Culturebox de FranceTV Info avec AFP, publié le 14 Aout 2014, consulté le 26 Mars 2016. Disponible sur : http://culturebox.francetvinfo.fr/expositions/patrimoine/le-patrimoine-culturel-de-gaza-seffondre-sous-les-bombes-161627
NOVOSSELOFF Alexandra, « La construction du mur : de la protection à la séparation », La documentation française, publié le 13 Aout 2008, consulté le 26 Mars 2016. Disponible sur : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/israel-60-ans/construction-mur.shtml
SMOLAR Piotr, « Les Nations Unies notent des progrès dans la reconstruction de Gaza », Le Monde.fr, publié le 18 mars 2016, consulté le 26 Mars 2016. Disponible sur : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/03/18/lenteurs-et-progres-dans-la-reconstruction-de-gaza-par-les-nations-unies_4885543_3218.html#YrgJprvPu3LUSqaL.99
SMOLAR Piotr, « Israël présente sa version de l’opération « Bordure protectrice » à Gaza », Le Monde.fr, publié le 15 juin 2015, consulté le 26 mars 2016. Disponible sur : sur http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/06/15/israel-presente-sa-version-de-l-operation-bordure-protectrice-contre-gaza_4654444_3218.html#MI3ugo12LszzA9sS.99

 

 

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